Peu importe comment vous l’appelez,
informez-vous pour faire des choix éclairés!

 

Le cannabis est généralement consommé pour le plaisir qu’il procure et la plupart des consommateurs en font un usage récréatif qui n’a pas de conséquences négatives sur leur vie. Mais, comme toute substance psychoactive, le cannabis peut aussi avoir des effets dérangeants...


Effets du cannabis

 

Le cannabis peut avoir des effets très variés, car différents facteurs, interagissant entre eux, vont déterminer les effets de la substance.

Effets recherchés

De façon générale, les effets ressentis par la plupart des consommateurs sont agréables (notez qu’ils peuvent être plus intenses chez les nouveaux utilisateurs que chez les initiés). En voici un aperçu :

  • Sentiment de bien-être, de détente
  • Sensation d’euphorie
  • Sensation d’être plus créatif, imaginatif
  • Perception sensorielle changée (couleurs plus éclatantes, sons plus distincts)
  • Perception altérée de l’espace et du temps
  • Diminution de la douleur

Autres effets physiologiques et cognitifs

En plus des effets recherchés, la majorité des consommateurs vont aussi expérimenter d’autres effets, notamment sur les plans physiologique et cognitif. Encore une fois, certains peuvent en expérimenter beaucoup alors que d’autres peuvent en avoir peu. En voici un aperçu :

  • Dilatation des bronches
  • Accélération du rythme cardiaque
  • Baisse du taux de sucre dans le sang
  • Augmentation de l’appétit
  • Assèchement de la bouche et de la gorge
  • Baisse des réflexes, ralentissement du temps de réaction
  • Perte de coordination motrice
  • Dilatation des pupilles
  • Dilatation des vaisseaux sanguins des yeux (rougeur oculaire)
  • Diminution de la mémoire à court terme
  • Baisse de l’attention et de la concentration
  • Jugement et capacité à penser affaiblis
  • Somnolence

Certaines personnes peuvent également ressentir des effets désagréables, voire dérangeants, tels que :

  • Nervosité
  • Anxiété, panique
  • Légère paranoïa
  • Hallucination/délire
  • Agitation
  • Vertige
  • Désorientation
  • Confusion

Durée des effets

Les effets du cannabis peuvent avoir une durée très variable, dépendamment entre autres du type de cannabis (profil biogénétique de la plante), de la quantité absorbée et du mode d’administration. Par exemple, selon le mode d’administration, les effets du cannabis inhalé peuvent durer entre 30 minutes et 2 heures, et peuvent même aller jusqu’à 8 heures, alors que le cannabis absorbé d’un aliment préparé ou d’un breuvage peut avoir des effets d’une durée variant de 3 à 6 heures et pouvant aller jusqu’à 24 heures.

De plus, pour que les composantes comme le THC soient activées et pour en faciliter leur absorption,le cannabis doit être chauffé, mais aussi dissout dans du gras avant d’être ingéré, étant donné qu’il est liposoluble. C’est pourquoi si vous ingérez du cannabis sans qu’il soit dissout dans une source de lipide, vous en ressentirez des effets moindres que si vous le fumez. Par contre, si vous consommez un aliment ayant du cannabis mélangé à du gras, les effets seront plus forts que pour le cannabis fumé.

Facteurs influençant les effets

Les effets du cannabis sur le consommateur sont déterminés par les interactions complexes entre les caractéristiques de 3 grandes catégories de facteurs. C’est ce qu’on appelle la Loi de l’effet :



1- La substance consommée

    • Quantité
    • Qualité et concentration de ses composantes (entre autres : THC*, CBD*, CBN*)
    • Fréquence de consommation
    • Rapidité de consommation
    • Mode d’administration (fumé, vaporisé, ingéré avec des aliments, appliqué sur la peau, administré sous forme de suppositoire)
    • Interaction avec une autre substance (alcool, drogue, médicament)

* Le cannabis contient un nombre élevé de différentes composantes, dont 120 molécules appelées cannabinoïdes. Parmi celles-ci, le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol) est le plus connu pour ses effets psychoactifs et le responsable du « high » provoqué par le cannabis. Une teneur élevée en THC amène une plus grande intensité des effets. Le CBD (cannabidiol) est la molécule liée aux effets thérapeutiques du cannabis. Il semble que le CBD peut diminuer certains des effets du THC, notamment l’anxiété, dépendamment du ratio THC/CBD. Par conséquent, ce ratio est important pour connaitre la puissance d’un produit de cannabis, mais la dose nécessaire de CBD pour diminuer les effets négatifs du THC n’a pas encore été trouvée par les chercheurs. Le CBN (cannabinol) est la molécule produite lorsque le THC est chauffé ou exposé à l’oxygène. Cette molécule augmente les effets du THC, mais partage également des propriétés du CBD.


2- La personne qui consomme
  • Âge
  • Sexe
  • Taille et poids
  • État physique
  • État d’esprit, humeur et santé mentale actuels
  • Prédisposition à des troubles de santé mentale

 

3- Le contexte de consommation
  • Lieu
  • Moment
  • Relations
  • Ambiance
  • Lois

Par conséquent, un même produit de cannabis consommé par deux individus dans un même lieu et au même moment peut avoir des effets bien différents, car les caractéristiques individuelles de chacun ne sont pas les mêmes. De la même façon, un même individu qui consomme à des moments différents le même produit de cannabis pourrait ne pas ressentir les mêmes effets, car le contexte de sa consommation n’est pas le même.

 

Cannabis et conduite automobile

Les effets du cannabis, notamment sur la coordination motrice, le temps de réaction et les fonctions cognitives (attention, jugement) peuvent diminuer les capacités d’un individu et le rendre inapte à conduire, augmentant ainsi le risque d’accident ou de blessure. De plus, la consommation combinée d’alcool et de cannabis, même à faible dose, peut amplifier les effets des substances et altérer de façon très importante les capacités d’une personne.

Puisque la durée des effets du cannabis peut varier grandement, il est assez difficile de déterminer un temps d’attente sécuritaire pour prendre le volant après avoir consommé. Dans ce contexte, il est recommandé pour la personne qui a consommé de prévoir un moyen alternatif de déplacement (transport en commun, taxi ou covoiturage) afin d’assurer sa sécurité et celle de son entourage. Si toutefois ce n’est pas possible de prévoir une alternative à la conduite, il est recommandé d’attendre au moins de 4 à 6 heures si le cannabis a été inhalé et au moins de 8 à 12 heures si le cannabis a été ingéré.

Les effets du cannabis peuvent grandement varier. Par conséquent, il est souhaitable que la personne développe sa capacité à évaluer l’impact de sa consommation sur son état afin de choisir, selon le cas, de s’abstenir ou d’attendre un délai suffisamment long pour conduire.

 

Du plaisir à la dépendance

Pour la majorité des individus qui consomment du cannabis, l’usage est récréatif et le fonctionnement global de chacun n’en est pas affecté. Pour d’autres, la consommation devient le moyen privilégié pour se divertir ou gérer leurs émotions ou le stress. Ils se retrouvent alors plus à risque de développer une consommation problématique si leurs habitudes perdurent et s’intensifient au fil du temps ou s’ils vivent un événement de vie difficile qui les amène à basculer dans une utilisation plus importante.

Les recherches indiquent qu’environ 9 % des consommateurs de cannabis développent une problématique de dépendance, caractérisée notamment par le fait que la personne pense très souvent à sa consommation, organise son quotidien et ses activités en fonction de la possibilité de consommer, ressent le besoin intense de consommer et n’arrive pas à s’abstenir même si elle constate des effets négatifs sur sa vie.


Effets à long terme liés à un usage prolongé

Les personnes qui consomment depuis longtemps et de façon régulière peuvent également ressentir des effets sur une plus longue période de temps, notamment une diminution de la concentration et de l’attention, une diminution de la mémoire ainsi qu’une diminution de la capacité à penser et à prendre des décisions. De façon générale, ces effets n’empêcheront pas la personne d’être fonctionnelle et de vaquer à ses occupations.

Il n’existe pas de définition précise de ce qu’est une consommation régulière, mais habituellement la consommation est dite régulière lorsqu’elle se situe dans un registre d’une fois ou plus par semaine. La consommation dite occasionnelle se situe plutôt dans un registre d’une fois ou moins par mois. D’autre part, les recherches indiquent que plus la fréquence est élevée, plus les risques associés à la consommation sont élevés.

Plusieurs cliniciens rapportent une baisse de motivation, entre autres pour les études ou le travail, chez certains consommateurs faisant un usage chronique de cannabis. Cet état, nommé syndrome amotivationnel, ne fait cependant pas consensus à ce jour dans la communauté scientifique. Là encore, d’autres recherches sont nécessaires pour clarifier ce tableau clinique et le rôle de différentes variables pouvant influencer la possible association entre l’usage chronique de cannabis et une baisse de motivation.

L’état des connaissances actuelles amène à penser que les fonctions cognitives se rétabliraient après l’arrêt de la consommation. D’autres recherches sont nécessaires pour clarifier les effets à long terme du cannabis sur le fonctionnement de l’individu en tenant mieux compte de différentes variables, dont notamment l’âge de la première consommation, le dosage, les autres substances consommées et l’environnement familial et social dans lequel il a évolué.

 

Cannabis et santé mentale

La littérature indique un lien entre l’usage de cannabis et l’augmentation du risque de développer un trouble psychotique, dont la schizophrénie, et que ce risque augmente en fonction de la fréquence de consommation. Ainsi, plus la personne consomme, plus le risque est élevé.

L’usage de cannabis ne semble pas augmenter la probabilité de développer un trouble dépressif, un trouble d’anxiété ou un trouble de stress post-traumatique; à l’exception du trouble d’anxiété sociale dont le risque pourrait être augmenté par un usage régulier de cannabis. Par ailleurs, chez les individus ayant reçu un diagnostic de trouble bipolaire, un usage quasi quotidien de cannabis serait associé à une augmentation des symptômes de manie ou d’hypomanie.

Il semble aussi que les consommateurs qui font un usage régulier et intensif de cannabis rapportent davantage de pensées suicidaires que ceux qui ne consomment pas. Finalement, une plus grande fréquence de consommation de cannabis de même qu’un début de consommation à un jeune âge augmenteraient la probabilité de développer un problème de consommation de cannabis.

Plusieurs facteurs viendraient moduler la relation entre le cannabis et les problèmes de santé mentale, notamment les prédispositions individuelles (facteurs de vulnérabilité), la consommation à un âge précoce, un usage fréquent et intense et la consommation d’autres drogues. Encore une fois, d’autres recherches sont nécessaires pour clarifier la nature des relations (corrélationnelle ou causale) entre la consommation de cannabis et les problématiques de santé mentale ainsi que le rôle de nombreuses variables qui peuvent influencer ces relations.

 

Cannabis thérapeutique

Le cannabis peut être utilisé dans le cadre d’un traitement médical pour certaines conditions de santé. Le type de cannabis utilisé dans ce contexte diffère des autres cannabis puisqu’il a une plus haute teneur en CBD et autres cannabinoïdes, reconnus pour leurs effets thérapeutiques. Ainsi, il semble que le cannabis prescrit pourrait notamment réduire les nausées et vomissements de même que favoriser l’appétit et une prise de poids chez certaines personnes atteintes de cancer ou de sida.

Les douleurs chroniques, les troubles du sommeil, les migraines intenses de même que les symptômes de la sclérose en plaques pourraient également être soulagés par le cannabis. Le cannabis prescrit à des fins thérapeutiques s’inscrit dans le cadre d’un suivi médical et non pas dans une pratique d’automédication.

 

10 conseils pour réduire les conséquences négatives liées au cannabis

Bien sûr, le seul moyen qui vous assure d’éviter les risques reliés au cannabis est l’abstinence. Si toutefois vous choisissez de consommer, voici quelques conseils qui pourraient vous aider à réduire les effets indésirables :

1.  Un peu et lentement Consommez d’abord une faible dose et laissez-vous du temps pour en évaluer les effets. Cela pourrait vous éviter de vivre des effets dérangeants obtenus avec une trop grande quantité consommée... et que votre argent parte en fumée! Le cannabis absorbé d’un aliment prend plus de temps à faire son effet (entre 30 minutes et 1 heure 30 après ingestion) que le cannabis fumé (entre 30 secondes et 15 minutes après inhalation). De plus, la durée des effets du cannabis ingéré est plus longue que celle du cannabis fumé. Par conséquent, il est recommandé d’ingérer une plus petite quantité et d’attendre plus longtemps afin d’évaluer votre état avant d’en reprendre. 

2. Le bon moment Consommer avant d’aller à vos cours n’est probablement pas l’idée du siècle, car vous aurez sans doute une concentration diminuée et vos résultats scolaires pourraient en souffrir. Choisissez plutôt un moment qui est approprié en fonction de vos activités.

3. La modération a bien meilleur goût Soyez attentif à la fréquence de votre consommation. Planifiez vos moments de consommation et consommez moins; vous profiterez davantage du moment à chaque fois!

4. Choisir soigneusement avec qui on consomme Assurez-vous d’être en compagnie de personnes de confiance si vous consommez du cannabis dans un contexte social. Si vous éprouvez des difficultés en lien avec votre consommation, vous aurez ainsi du soutien et de l’aide immédiate.

5. L’ABC du THC et du CBD Informez-vous de la teneur en THC et en CBD pour vous aider à choisir. Le CBD étant protecteur de certains effets néfastes du THC, choisir un cannabis avec un ratio élevé en CBD peut mener à une consommation plus agréable. Afin de bien connaitre la qualité et les composantes du cannabis utilisé, assurez-vous de vous approvisionner dans un lieu de vente sécuritaire. De plus, évitez le cannabis synthétique, car il a été associé à de nombreux problèmes de santé.

6. Fumer ou ne pas fumer Si fumer un joint est la méthode de consommation la plus populaire, sachez qu’il existe des modes moins nocifs de consommation. Les huiles concentrées, les vapoteuses, les pipes à eau sont reconnues comme étant à plus faible risque tout comme l’ingestion d’aliment ou de breuvage contenant du cannabis.

7. Comment fumer son cannabis Si vous décidez tout de même de fumer du cannabis, sachez qu’il existe des techniques pour vous aider à atténuer les effets dommageables causés par la fumée. Évitez de prendre de grandes bouffées ou de retenir votre respiration, car ces pratiques n’accentuent pas les effets recherchés. Le THC étant absorbé dès les premières secondes, prenez plutôt de petites bouffées; elles vous procureront les mêmes sensations.

8. Mélanges à éviter Si vous consommez du cannabis et qu’en plus vous buvez de l’alcool, les effets du cannabis s’en trouveront augmentés et pourraient être très dérangeants. Par exemple, vous pourriez avoir une forte sensation de mal de cœur et des vomissements. Il est aussi préférable de ne pas mélanger du cannabis avec d’autres substances.

9. Cannabis et volant ne font pas bon ménage Prévoyez un plan alternatif de transport avant de consommer afin de ne pas prendre le volant, intoxiqué par le cannabis. Vous pouvez utiliser les transports en commun, un taxi ou appeler un proche. Assurez-vous également de ne pas être conduit par quelqu’un qui a consommé. Si vous choisissez plutôt d’attendre après la consommation avant de reprendre le volant, il est recommandé d’attendre au moins de 4 à 6 heures si le cannabis a été inhalé et au moins de 8 à 12 heures si le cannabis a été ingéré. Il est important de rappeler que les effets du cannabis peuvent grandement varier et que, par exemple, une personne qui consomme pour la première fois ressentira probablement avec une plus grande intensité les effets de la substance qu’un consommateur régulier. C’est par conséquent votre responsabilité d’évaluer l’impact de votre consommation sur votre état et de décider, selon votre situation, de prendre un moyen alternatif pour votre déplacement ou d’attendre suffisamment longtemps pour conduire.

10. Évaluer son profil de risque Il est important de tenir compte de votre profil de risque afin de faire des choix éclairés face à la consommation. Par exemple, si vous ou un membre de votre famille avez des antécédents de psychose ou de trouble d’abus de substance, vous êtes plus à risque de développer un problème de santé en lien avec l’usage du cannabis. De plus, si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, il est recommandé d’éviter le cannabis afin de ne pas nuire au développement du fœtus et du nouveau-né.

 

Ressources

Drogue : aide et référence (DAR)
Soutien, information et référence aux personnes concernées par la toxicomanie
Ligne téléphonique 24/7 : 514 527-2626 (Mtl) ou 1 800 265-2626 (sans frais)


Toxquebec
Référence québécoise en matière de toxicomanie


Centre de réadaptation en dépendance de Montréal
Pour les 24 ans et moins : 514 982-1232
Pour les 25 ans et plus : 514 385-1232

 

Bibliographie

Documents de références

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Articles

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Nancy, D. (2017). Effet du cannabis sur l’évolution des troubles psychotiques.

UdeM Nouvelles. (2017). La marijuana et la vulnérabilité à la psychose.


Thivierge, T. (2017). Cannabis à l’université : encadrer et non réprimer.

Canadian Institute for Substance Use Research. (2014). Learn About Cannabis (marijuana).

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Services aux étudiants de l’Université Laval. (s.d.). Le cannabis : inoffensif?


Colloques, formations, webinaires

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Bouchard, J.F. (2018, mai). Historique et pharmacologie du cannabis et de ses composés. Communication présentée au colloque Enjeux cannabis, Université de Montréal.

D’Arcy, L. (2018, mai). Concepts centraux en toxicomanie appliqués au cannabis. Communication présentée au colloque Enjeux cannabis, Université de Montréal.

Fallu, J.S. (2018, mars). Cannabis au sein des campus. Communication présentée par le Centre for Innovation in Campus Mental Health, Ontario.

 

N.B. La consommation de cannabis est interdite sur le campus de l’Université. Pour en savoir plus, consultez la politique de l’UdeM à ce sujet.

 

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