Peu importe comment vous l’appelez,
informez-vous pour faire des choix éclairés!

 

Que vous soyez un consommateur averti, un néophyte, ou tout simplement une personne qui cherche à comprendre ce qui se cache dans cette plante, vous êtes à la bonne place pour vous démêler les idées.


Première chose à savoir, on ne sait pas tout;
la recherche scientifique sur le cannabis n’en est qu’à ses prémisses.

 


La plante et ses effets

 

Qu’est-ce que c’est?

Le cannabis est une plante contenant un nombre élevé de différentes composantes, dont 120 molécules appelées cannabinoïdes.

Le THC est le plus connu pour ses effets psychoactifs et le responsable du « high » provoqué par le cannabis. Une teneur élevée en THC amène une plus grande intensité des effets.

Le CBD (cannabidiol) est la molécule liée aux effets thérapeutiques du cannabis. Il semble que le CBD peut diminuer certains des effets du THC, notamment l’anxiété, dépendamment du ratio THC/CBD. Par conséquent, ce ratio est important pour connaitre la puissance d’un produit de cannabis, mais la dose nécessaire de CBD pour diminuer les effets négatifs du THC n’a pas encore été trouvée par les chercheurs.

Le CBN (cannabinol) est la molécule produite lorsque le THC est chauffé ou exposé à l’oxygène. Cette molécule augmente les effets du THC, mais partage également des propriétés du CBD.

Facteurs influençant les effets

Les effets du cannabis sur le consommateur sont déterminés par les interactions complexes entre les caractéristiques de 3 grandes catégories de facteurs. C’est ce qu’on appelle la Loi de l’effet :


  • La substance consommée
    • Quantité
    • Qualité et concentration de ses composantes (entre autres: THC, CBD, CBN)
    • Fréquence de consommation
    • Rapidité de consommation
    • Mode d’administration (fumé, vaporisé, ingéré avec des aliments, appliqué sur la peau, administré sous forme de suppositoire)
    • Interaction avec autre substance (alcool, drogue, médicament)

  • La personne qui consomme
    • Âge
    • Sexe
    • Taille et poids
    • État physique
    • État d’esprit, humeur et santé mentale actuels
    • Prédisposition à des troubles de santé mentale

Un même produit de cannabis consommé par deux individus dans un même lieu et au même moment peut avoir des effets bien différents, car les caractéristiques individuelles de chacun ne sont pas les mêmes.

  • Le contexte de consommation
    • Lieu
    • Moment
    • Relations
    • Ambiance
    • Lois

Un même individu qui consomme à des moments différents le même produit de cannabis pourrait ne pas ressentir les mêmes effets, car le contexte de sa consommation n’est pas le même.

Durée des effets

Les effets du cannabis peuvent avoir une durée très variable, dépendamment entre autres du type de cannabis, de la quantité absorbée et du mode d’administration.

Par exemple, selon le mode d’administration, les effets du cannabis inhalé peuvent durer entre 30 minutes et 2 heures, et peuvent même aller jusqu’à 8 heures, alors que le cannabis absorbé d’un aliment préparé ou d’un breuvage peut avoir des effets d’une durée variant de 3 à 6 heures et pouvant aller jusqu’à 24 heures.

De plus, pour que les composantes comme le THC soient activées et pour en faciliter leur absorption, le cannabis doit être chauffé, mais aussi dissout dans du gras avant d’être ingéré, étant donné qu’il est liposoluble. C’est pourquoi si vous ingérez du cannabis sans qu’il soit dissout dans une source de lipide, vous en ressentirez des effets moindres que si vous le fumez. Par contre, si vous consommez un aliment ayant du cannabis mélangé à du gras, les effets seront plus forts que pour le cannabis fumé.

L'usage récréatif

Le cannabis est généralement consommé pour le plaisir qu’il procure.

Il peut aussi être utilisé dans le cadre d’un traitement médical pour certaines conditions de santé. Le cannabis prescrit à des fins thérapeutiques s’inscrit dans le cadre d’un suivi médical et non pas dans une pratique d’automédication. La plupart des consommateurs de cette plante en font un usage récréatif qui n’a pas de conséquences négatives sur leur vie. Mais, comme toute substance psychoactive, le cannabis peut avoir des effets très variés, mais aussi avoir des effets dérangeants, car différents facteurs, interagissant entre eux, vont déterminer les effets de la substance.

Effets recherchés

De façon générale, les effets ressentis par la plupart des consommateurs sont agréables. Ils peuvent être plus intenses chez les nouveaux utilisateurs que chez les initiés.

En voici un aperçu:

  • Sentiment de bien-être, de détente
  • Sensation d’euphorie
  • Sensation d’être plus créatif, imaginatif
  • Perception sensorielle changée (couleurs plus éclatantes, sons plus distincts)
  • Perception altérée de l’espace et du temps
  • Diminution de la douleur

 

Autres effets physiologiques et cognitifs

En plus des effets recherchés, la majorité des consommateurs vont aussi expérimenter d’autres effets, notamment sur les plans physiologique et cognitif.

Encore une fois, certains peuvent en expérimenter beaucoup alors que d’autres peuvent en avoir peu. En voici un aperçu:

  • Dilatation des bronches
  • Accélération du rythme cardiaque
  • Baisse du taux de sucre dans le sang
  • Augmentation de l’appétit
  • Assèchement de la bouche et de la gorge
  • Baisse des réflexes, ralentissement du temps de réaction
  • Perte de coordination motrice
  • Dilatation des pupilles
  • Dilatation des vaisseaux sanguins des yeux (rougeur oculaire)
  • Diminution de la mémoire à court terme
  • Baisse de l’attention et de la concentration
  • Jugement et capacité à penser affaiblis
  • Somnolence

 

Certaines personnes peuvent également ressentir des effets désagréables, voire dérangeants, tels que:

  • Nervosité
  • Anxiété, panique
  • Légère paranoïa
  • Hallucination/délire
  • Agitation
  • Vertige
  • Désorientation
  • Confusion

 

Les risques

Effets à long terme liés à un usage prolongé

Les personnes qui consomment depuis longtemps et de façon régulière peuvent ressentir des effets sur une plus longue période de temps, notamment une diminution de la concentration et de l’attention, une diminution de la mémoire ainsi qu’une diminution de la capacité à penser et à prendre des décisions. De façon générale, ces effets n’empêcheront pas la personne d’être fonctionnelle et de vaquer à ses occupations.

Il n’existe pas de définition précise de ce qu’est uneconsommation régulière, mais habituellement la consommation est dite régulièrelorsqu’elle se situe dans un registre d’une fois ou plus par semaine. La consommation dite occasionnellese situe plutôt dans un registre d’une fois ou moins par mois. D’autre part, les recherches indiquent que plus la fréquence est élevée, plus les risques associés à la consommation sont élevés.

Plusieurs cliniciens rapportent une baisse de motivation, entre autres pour les études ou le travail, chez certains consommateurs faisant un usage chronique de cannabis. Cet état, nommé syndrome amotivationnel, ne fait cependant pas consensus à ce jour dans la communauté scientifique.

L’état des connaissances actuelles amène à penser que les fonctions cognitives se rétabliraient après l’arrêt de la consommation. D’autres recherches sont nécessaires à cet égard.

Du plaisir à la dépendance

Pour la majorité des individus qui consomment du cannabis, l’usage est récréatif et le fonctionnement global de chacun n’en est pas affecté. Pour d’autres, la consommation devient le moyen privilégié pour se divertir ou gérer leurs émotions ou le stress.

Ces derniers se retrouvent plus à risque de développer une consommation problématique si leurs habitudes perdurent et s’intensifient au fil du temps ou s’ils vivent un événement de vie difficile qui les amène à basculer dans une utilisation plus importante.

Les recherches indiquent qu’environ 9% des consommateurs de cannabis développent une problématique de dépendance, caractérisée notamment par le fait que la personne pense très souvent à sa consommation, organise son quotidien et ses activités en fonction de la possibilité de consommer, ressent le besoin intense de consommer et n’arrive pas à s’abstenir même si elle constate des effets négatifs sur sa vie. 

Cannabis et santé mentale

La littérature indique un lien entre l’usage de cannabis et l’augmentation du risque de développer un trouble psychotique, dont la schizophrénie, et que ce risque augmente en fonction de la fréquence de consommation. Ainsi, plus la personne consomme, plus le risque est élevé.

L’usage de cannabis ne semble pas augmenter la probabilité de développer un trouble dépressif, un trouble d’anxiété ou un trouble de stress post-traumatique; à l’exception du trouble d’anxiété sociale dont le risque pourrait être augmenté par un usage régulier de cannabis. Par ailleurs, chez les individus ayant reçu un diagnostic de trouble bipolaire, un usage quasi quotidien de cannabis serait associé à une augmentation des symptômes de manie ou d’hypomanie.

Il semble aussi que les consommateurs qui font un usage régulier et intensif de cannabis rapportent davantage de pensées suicidaires que ceux qui ne consomment pas. Finalement, une plus grande fréquence de consommation de cannabis de même qu’un début de consommation à un jeune âge augmenteraient la probabilité de développer un problème de consommation de cannabis.

Plusieurs facteurs viendraient moduler la relation entre le cannabis et les problèmes de santé mentale, notamment les prédispositions individuelles, la consommation à un âge précoce, un usage fréquent et intense et la consommation d’autres drogues. D’autres recherches sont nécessaires à ce sujet.


Cannabis et conduite automobile

Les effets du cannabis, notamment sur la coordination motrice, le temps de réaction et les fonctions cognitives (attention, jugement) peuvent diminuer les capacités d’un individu et le rendre inapte à conduire, augmentant ainsi le risque d’accident ou de blessure.

De plus, la consommation combinée d’alcool et de cannabis, même à faible dose, peut amplifier les effets des substances et altérer de façon très importante les capacités d’une personne.

Puisque la durée des effets du cannabis peut varier grandement, il est assez difficile de déterminer un temps d’attente sécuritaire pour prendre le volant après avoir consommé. Dans ce contexte, il est recommandé pour la personne qui a consommé de prévoir un moyen alternatif de déplacement (transport en commun, taxi ou covoiturage) afin d’assurer sa sécurité et celle de son entourage. Si toutefois ce n’est pas possible de prévoir une alternative à la conduite, il est recommandé d’attendre au moins de 4 à 6 heures si le cannabis a été inhalé et au moins de 8 à 12 heures si le cannabis a été ingéré.

Il est important de rappeler que les effets du cannabis peuvent grandement varier. Il est souhaitable que la personne développe sa capacité à évaluer l’impact de sa consommation sur son état afin de choisir, selon le cas, de s’abstenir ou d’attendre un délai suffisamment long pour conduire.

 

10 conseils pour une consommation responsable

 

L’abstinence est le meilleur moyen pour ne pas être exposé aux risques négatifs du cannabis.

Si vous fumez, pensez à vous en suivant ses 10 conseils, ou au moins quelques-uns, pour réduire les effets négatifs.

1. Un peu et lentement

Consommez d’abord une faible dose et laissez-vous du temps pour en évaluer les effets. Cela pourrait vous éviter de vivre des effets dérangeants obtenus avec une trop grande quantité consommée et de voir votre argent partir en fumée!

Le cannabis absorbé d’un aliment prend plus de temps à faire son effet (entre 30 minutes et 1 heure 30 après ingestion) que le cannabis fumé (entre 30 secondes et 15 minutes après inhalation). Et la durée des effets du cannabis ingéré est plus longue que celle du cannabis fumé. Il est recommandé d’ingérer une plus petite quantité et d’attendre plus longtemps afin d’évaluer votre état avant d’en reprendre. 

2. Le bon moment

Choisissez un moment qui est approprié en fonction de vos activités. Consommer avant d’aller à vos cours n’est probablement pas l’idée du siècle. Vous n’avez pas envie à ce moment-là d’avoir une concentration diminuée et de voir vos résultats scolaires en souffrir.

3. La modération a bien meilleur goût

Soyez attentif à la fréquence de votre consommation. Planifiez vos moments de consommation et consommez moins; vous profiterez davantage du moment à chaque fois.

4. Choisir soigneusement avec qui on consomme

 Assurez-vous d’être en compagnie de personnes de confiance si vous consommez du cannabis dans un contexte social. Si vous éprouvez des difficultés en lien avec votre consommation, vous aurez ainsi du soutien et de l’aide immédiate.

5. L’ABC du THC et du CBD

 Informez-vous de la teneur en THC et en CBD pour vous aider à choisir. Le CBD étant protecteur de certains effets néfastes du THC, choisir un cannabis avec un ratio élevé en CBD peut mener à une consommation plus agréable. Afin de bien connaitre la qualité et les composantes du cannabis utilisé, assurez-vous de vous approvisionner dans un lieu de vente sécuritaire. Évitez le cannabis synthétique, qui est associé à de nombreux problèmes de santé.

6. Fumer ou ne pas fumer

Si fumer un joint est la méthode de consommation la plus populaire, sachez qu’il existe des modes moins nocifs de consommation. Les huiles concentrées, les vapoteuses, les pipes à eau sont reconnues comme étant à plus faible risque tout comme l’ingestion d’aliment ou de breuvage contenant du cannabis.

7. Comment fumer son cannabis Si vous décidez tout de même de fumer du cannabis, évitez de prendre de grandes bouffées ou de retenir votre respiration, car ces pratiques n’accentuent pas les effets recherchés. Le THC étant absorbé dès les premières secondes, prenez plutôt de petites bouffées; elles vous procureront les mêmes sensations. Ces techniques peuvent vous aider à atténuer les effets dommageables causés par la fumée.

8. Mélanges à éviter

Il est préférable de ne pas mélanger du cannabis avec d’autres substances ou de l’alcool. Si vous consommez du cannabis et qu’en plus vous buvez de l’alcool, les effets du cannabis s’en trouveront augmentés et pourraient être très dérangeants.

9. Cannabis et volant ne font pas bon ménage

Prévoyez un plan alternatif de transport avant de consommer afin de ne pas prendre le volant, intoxiqué par le cannabis. Assurez-vous de ne pas être conduit par quelqu’un qui a consommé.

Si vous choisissez d’attendre après la consommation avant de reprendre le volant, il est recommandé d’attendre au moins de 4 à 6 heures si le cannabis a été inhalé et au moins de 8 à 12 heures si le cannabis a été ingéré.

Rappelez-vous aussi la loi de l’effet (lien dans la page): substance, personne, contexte. C’est votre responsabilité d’évaluer l’impact de votre consommation sur votre état et de décider, selon votre situation, de prendre un moyen alternatif pour votre déplacement ou d’attendre suffisamment longtemps pour conduire.

10. Évaluer son profil de risque

Tenez compte de votre profil de risque afin de faire des choix éclairés quant à votre consommation. Par exemple, si vous ou un membre de votre famille avez des antécédents de psychose ou de trouble d’abus de substance, vous êtes plus à risque de développer un problème de santé en lien avec l’usage du cannabis. Si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, il est recommandé d’éviter le cannabis afin de ne pas nuire au développement du fœtus ou du nouveau-né.

 

Ressources

Drogue : aide et référence (DAR)
Soutien, information et référence aux personnes concernées par la toxicomanie
Ligne téléphonique 24/7 : 514 527-2626 (Mtl) ou 1 800 265-2626 (sans frais)


Toxquebec
Référence québécoise en matière de toxicomanie


Centre de réadaptation en dépendance de Montréal
Pour les 24 ans et moins : 514 982-1232
Pour les 25 ans et plus : 514 385-1232

 

Bibliographie

Documents de références

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Articles

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N.B. La consommation de cannabis est interdite sur le campus de l’Université. Pour en savoir plus, consultez la politique de l’UdeM à ce sujet.